| Myrath - Desert Call |
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| Écrit par Goebbels | |||
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Sentez-vous un véritable besoin d’avoir des antidépresseurs après notre échec lors de la dernière C.A.N. ? Cherchez-vous des comprimés "made in TUNISIA." ? Gardez vos places. Ne demandez rien aux pharmaciens avant d’écouter "Desert Call". Le rouge et le blanc… Portant les couleurs de notre cher drapeau, les Myrath lèvent le rideau sur un nouvel opus. Rien à risquer après Hope: La tente est déjà campée, à nos chameaux maintenant… Surfant sur une vague de darbouka, Forever And A Day pose son ancre. La musique se drape d'un effet folklorique, folie à l’expression d’un violon digne d’une mise en scène filmique, tant les musiciens sont adeptes des changements de mélodies incessantes, enchevêtrant leurs compos pour perdre l'auditeur dans l’immense Sahara. La voix de Zaher est au milieu de ce débat avec son savoureux dialecte Tunisien. Quelques jours auparavant, j’étais hypnotisé par le chant arabisant sur Disciples of The Sacred Oath II du nouvel Orphaned Land Donc, le terrain est familier, mais les fans ne s'en plaindront pas. Les tempos refusent à obéir à une formule bien limitée et laissent libre court à une musique toute en mouvement. La patte d’Adagio est toujours là sans aucune véritable perturbation de l’écoute. Imagination prolifique disais-je, car l'abondance de riffs et d’arrangements en nappes délicates, exécutés suivant une logique implacable plus ou moins fidèle à Hope, donnent souvent de nouvelles tournures, qui étaient tout sauf prévues… Après avoir enfoncé le clou des quelques certitudes acquises, le reste de l’album n’a plus qu’à transformer l’ensemble en festival d'effets prenants. Le deuxième titre Tempests Of Sorrows n’est pas si oriental que l’était son prédécesseur. Cependant, le travail sur l’orchestration ne laisse aucun temps mort. La batterie enchaîne les ambiances et installe une sorte de compromis entre les chansons. Comme si rien ne se perdait et que tout se transformait ! Extrêmement minutieux et technique, Saif Ouhibi fourmille les transitions dans un joyeux bordel organisé. La chanson éponyme s’offre le même luxe et rappelle d'ailleurs Amaseffer. Les guitares s'enroulent, se déroulent avant de mettre au premier plan un duo basse/batterie. Malheureusement, le clavier s’avère ici beaucoup trop grandiloquent voire rempli de poncifs, et le "feeling" n’est pas tout à fait transmis. "Madness" renfonce l’inévitable impression d’une écoute en bloc. Autrement, dit, il me semble quasi impossible d’extraire un passage tout particulier : Une batterie rythmique, un clavier arabisant et des effets épiques. Et qui ose enlever le bébé de sa mère ?! L’effectif gagne encore de maturité grâce à l’inclusion de certains instruments folkloriques, notamment une darbouka et une flûte, éléments essentiels pour faire défiler le drapeau tunisien sur l’ensemble. On est sur le seuil de "Memories". Dès qu’on clique sur "Play", plus rien ne peut bloquer son chemin. La fin de celui-ci en annonce tout autant son début. L’intro pianistique à caractère romantique (et ce n’est pas dans le sens ordinaire du terme) prépare le terrain pour Zaher afin qu’il puisse se balader au gré de ses humeurs sur un chant très expressif, un peu pop, avec un ton arabisant comme clé de voûte. La persévérance finira par payer, puisque ce minimalisme apparent laissera l’estrade à un univers d’une exquise tristesse, renforcée par un solo envoûtant, où l’auditeur se complaira. Le groupe avance à pas feutrés dans le reste du voyage, gravant une impression de "déjà vu" derrière Ironic Destiny. Honnêtement, le solo de Stephan Forté ne suffit point à effacer les traces de Symphony X, plus précisément le fameux Out of Ashes. Quant à No Turning Back, il parait, en compagnie d’un clavier riche et abouti, le plus sensible à l'atmosphère nostalgique et fière qui se dégage. Empty World et Shockwave, couplent Desert Call et Hope. Les passages alternant l’arithmétique oppresseur/opprimé surprennent et passent de plus belle manière l'épreuve du temps. Autant de petites expériences dépassant l'essence du Metal Progressif mais également autant de témoignages de professionnalisme et d’un savoir faire hors du commun. Etant donné la longueur du disque (plus d’une heure), une production léchée est indispensable. De fait, elle se révèle ici plus cristalline que précédemment, mais sans réelle prétention. Au final, si les talents des "Aigles de Carthage" (ou chauve-souris de Carthage, qui sait ?) n’ont pu revenir du Ghana qu’avec des sacs de bananes, ceux de Myrath enchanteront avec des médailles d’honneur tous les Tunisiens, soyez en assurés. Site : www.myrath.com/ MySpace : www.myspace.com/myrathband
01. Forever And A Day 05:41
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