| My Own Private Alaska - Amen |
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| Écrit par Clément Marot | |||
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Dès le départ, avec un tel line-up, My Own Private Alaska (MOPA) s’est érigé comme un groupe unique, pratiquant un style non-radiophonique qui risquait de déplaire à beaucoup, mais également de séduire les plus ouverts d’esprit. J’ai fait partie de ces fans suite à la sortie de leur premier EP autoproduit en 2007. A ce titre, il faut admettre l’amertume que laisse l’écoute de ce Amen, et qui justifie la note médiocre que je leur attribue. Avant, MOPA c’était de la sincérité, 3 gars qui vous balancent un mélange totalement neuf, un cri du cœur libre et dépourvu d’intentions autre que d’exprimer ce cri qui leur brulait les entrailles. Coup de bol, ça a tout de même plu à beaucoup. Et quand on commence à avoir une reconnaissance du public, d’une on essaye de l’entretenir, et de deux on attire des noms du business de la musique. En l’occurrence Ross Robinson, connu pour son travail avec Korn, Slipknot, The Cure, Limp Bizkit et Deftones. Je vantais plus tôt la sincérité du groupe à sa création. La collaboration de R. Robinson a-t-elle influencé la composition ? En tout cas, ce groupe a peut-être gagné en professionnalisme, c’est beaucoup plus recherché/travaillé selon les musiciens pointilleux et les fans purs et durs, mais il a aussi beaucoup perdu sur d’autres niveaux. Où sont ces ambiances glaciales ? Où sont passées cette mélancolie continuelle, cette rage latente ? Le groupe, dont j’ai vanté sa qualité d’être non-radiophonique se rapproche pourtant du territoire de la pop-music, et pioche (discrètement ?) dans le mouvement emo… Tout pour annoncer une calamité n’est-ce pas ? Mais je n’exagère pas, à moins que le chanteur n’ait été frappé d’une angine durant l’enregistrement, qu’est-ce qui justifie cette voix d’emo-crooner largement plus présente que les faibles chants screamo qui, autrefois puissants, donnaient tout son cachet à MOPA ? Sincèrement, autant écouter Muse. Ou Nirvana, puisque le groupe s’essaye à une reprise de Where Did You Sleep Last Night. Autrefois, par son côté cru, MOPA était capable de vous saisir le cœur et de le serrer dans le poing sans que vous le voyiez venir, des surprises à vous glacer le sang. Aujourd’hui, MOPA opte pour la superproduction, les effets retravaillés, samples discrets, etc… Enfin quelque chose dans l’agencement qui fait que l’on ne sent plus ce côté naturel et brut de fonderie qui faisait leur charme. D’un son écorché qui vous mettait à nu, nous voilà sur une ballade réservé qui vous laisse de marbre. Si seulement le groupe avait pu se contenter de composer un album comme celui-ci fait uniquement de nouveaux titres, mais non, comble du désarroi, 4 des 6 morceaux du EP sans titre sont remis au (mauvais) goût du jour ! Autant dire qu’en plus de se griller auprès des fans de la première époque, ils saccagent ce qu’ils avaient fait de mieux selon moi. I Am An Island. Quel morceau tragique, à vous faire frissonner comme rarement une musique le fait. Oui mais ça c’était pour l’ancienne version. Tragique, ambiance glaciale, frisson, escalade vertigineuse et théâtrale pour une chute qui se fait encore plus spectaculaire, voilà comment j’aimais ce morceau ; un moment de silence, un cri écorché. Mais là, à quoi sert ce rabâchage, c’est calculé minutieusement, ça manque de naturel, c’est surfait, c’est inefficace. L’écoute de ce morceau saccagé illustre bien comment d’une chute spectaculaire qui impose le respect, le groupe passe à une chute grotesque. Avec cet album, ils se cassent déjà la gueule (en tout cas, à mes yeux et à mes oreilles), un peu tôt pour une formation si récente qui était pourtant si prometteuse. Toutefois, même si ma mauvaise foi de me persuader de l’inverse, tout n’est pas noir non plus. Il se dégage quand même une atmosphère de ce premier album, mais beaucoup moins intense, par contre, il faut tout de même vanter la maîtrise technique des musiciens, le pianiste est toujours aussi talentueux, mais on dirait que la production l’a mis un peu en retrait par rapport à ce qu’on pouvait entendre sur l’EP. Quant au batteur, il se fait assez impressionnant d’originalité, et la production le met bien en valeur. Je vais donner une autre chance à MOPA en allant les voir en concert en août en espérant que le rendu live saura me prendre à nouveau aux tripes, sans ça, inutile d’attendre mieux d’un prochain album, hélas, quelque chose me dit qu’il est déjà trop tard. Espérons que l’avenir me donnera tort ! MySpace : www.myspace.com/myownprivatealaska
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Commentaires
Je ne changerai sans doute pas d'avis sur l'album, mais j'espère au moins garder (récupérer?) une bonne image du groupe.
@ Maxime: Développe.
Cependant lorsque j'ai été les voir en live j'ai eu la chance de pouvoir discuter avec Tristan, le pianiste, avant le concert et je lui ai dit que je trouvais que ce nouvel album avait perdu en "force brute". D'abord surpris il m'a dit que je devais voir le live avant qu'il me donne sa réponse.
1h30 et une grosse claque dans la figure (pour être poli) plus tard j'avais complètement changé d'avis... Et maintenant que je réécoute cet album je me laisse plus emporter par la musique et je ne vois plus tous les arrangements qui nous ont fait grincer des dents en premier lieu.
Je pense ne pas me tromper en disant qu'une fois que tu les auras vu en août tu t'empresseras de changer la fin de ta chronique.
Par contre j'aime beaucoup leur version de Where did you sleep last night.
DÉÇU
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